L’art de poser la Mouche
L’usage des mouches (petite pièce de taffetas ou de velours noir que l’on colle sur le visage), dans la noblesse des XVIIème et XVIIIème siècles constitue un phénomène de mode inséparable de la toilette. Il devient très vite un véritable langage qui permet de montrer ses sentiments ou ses intentions selon une codification très précise.
Quelques auteurs en parlent :
François Gayot de Pitaval nous dit :
"L'art de mettre des mouches a ses règles : une des principales lois est de ne point mettre des mouches sur ces petits creux, ces agréables fossettes où les poètes ont imaginé que résidaient l'amour et les grâces. La mouche qu'on met au coin de l'oeil s'appelle la passionnée, elle relève bien l'éclat d'un bel oeil ; celle qu'on met au milieu du front donne un grand air, elle s'appelle la majestueuse...."
« La mouche à la tempe appliquée,
L’ombrageant d’un peu de noirceur,
Donnait du lustre à sa blancheur. »
Aubry, Les lois de la Galanterie.
« Je mis à ma femme douze ou quinze mouches ; on en saurait trop mettre pourvu qu’elles soient petites. »
L’Abbé de Choisy, Mémoires.
« On voit quelquefois sur un visage une quantité prodigieuse de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain. »
Montesquieu, Lettres persanes
Nous proposons de faire découvrir aux invités ce précieux langage et nous incitons les dames qui le désirent, à porter une mouche pour la soirée.